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En ce
qui concerne le divertissement en soi, le film en vaut la peine,
plus que Dr Wong et les pirates par exemple. Les combats
sont d'un bon niveau, particulièrement dans la première partie,
lorsque Jet Li et Xiong Xin Xin rivalisent de vitesse délirante
et de techniques imparables… Le point fort de Dr Wong en Amérique
réside dans leur incroyable confrontation, quand Pied-Bot tente
de faire recouvrer la mémoire à son Maître et rejoue les scènes
cultes des premiers Il était une fois en Chine : il
prend successivement la place de Maître Yim (dans Il était
une fois en Chine), et celle du Gouverneur Na Lan (Donnie
Yen dans La Secte du Lotus Blanc), nous offrant un
combat à la fois réjouissant et passionnant où les deux adversaires
- lui et Wong - font preuve du meilleur d'eux-mêmes.
Cependant,
dès l'instant où Wong Fei-Hung est rendu aux siens et à sa 13ème
tante , le film devient tristement beaucoup moins intéressant, et
ce manque de dynamisme et de vrai divertissement affecte les scènes
de combat de même que les relations entre les personnages. La relation
entre Wong Fei-Hung et la 13ème tante demeure relativement épargnée
par cette tendance générale : leur interaction est toujours délicieuse
et pertinente, grâce à l'excellente alchimie qui lie Jet Li et Rosamund
Kwan. C'est même un plaisir d'assister à leurs constants quiprocos,
le 13ème tante jouant cette fois le rôle de la jalouse et Wong celui
de l'accusé, à l'inverse de la situation entamée dans La
Secte du Lotus Blanc et par-dessus tout explorée dans
Le Tournoi du Lion, qui dépeignait Wong Fei-Hung comme
un amant puérilement jaloux persécutant la 13ème tante à chacun
de ses regards portés sur un autre homme. Pour le reste, on peut
seulement rire de Wong moqué de ses disciples à cause de ses discours
répétitifs et ennuyeux, mais cela sous-entend qu'il aurait définitivement
perdu de son panache… Le respect que les gens lui témoignent n'est-il
donc qu'une façade ?… les valeurs qu'il défend avec tellement de
conviction sont-elle si risibles ?…
En fait, l'idée aurait pu paraître amusante si les autres
intrigues impliquant le bad guy aux cheveux longs surgi de
nulle part n'avait pas été mises au premier plan. Il est impossible
de ne pas dresser un parallèle entre la soudaine apparition de ce
personnage démoniaque qui massacre des ours sauvages dans la forêt
et celui de Billy Chow qui envoie son poing dans la face des chevaux
dans La Danse du Dragon… sauf que la démonstration
de Billy Chow, tout aussi stupide et surprenante, avait la qualité
bienvenue de se révéler hilarante… alors que l'introduction de cet
homme est simplement désespérément ridicule.
Si
l'on regarde de près les combats qui le mettent en scène, on ne
peut s'empêcher de ressentir une certaine frustration après la splendide
confrontation entre Jet Li et Xiong Xin Xin quelques scènes plustôt.
Comment cet affreux personnage pourrait-il ne serait-ce qu'oser
rivaliser avec Xiong Xin Xin dans un combat contre Jet Li ?… Bien
qu'il soit supposé nous paraître impressionnant, ce dernier combat
est naturellement décevant : Sammo Hung n'a pas d'autre choix que
d'user et d'abuser des ralentis dans le but inavoué d'en dissimuler
la médiocrité. Jet Li lui-même ne doit avoir que quelques secondes
à vitesse réelle dans tout l'affrontement, tandis que la caméra
se concentre sur la beauté de ses mouvements en espérant distraire
notre esprit. Davantage qu'un combat, il s'agit là d'une exécution.
L'adversaire de notre héros manque trop des compétences martiales
élémentaires, sans parler de compétences d'acteur…
Le
tournage de Dr Wong en Amérique a été très difficile
et a souffert d'un manque de temps et de budget sur la fin : cela
peut facilement expliquer les évidentes faiblesses des dernières
scènes. Le jeu des acteurs est bon, particulièrement celui de Jet
Li et Rosamund Kwan, sans oublier le très impressionnant Xiong Xin
Xin qui nous gratifie généreusement de quelques unes des meilleures
scènes de combat du film. Mais une profonde insuffisance demeure
en ce qui concerne l'aspect visuel, ce qui est assez étonnant dans
un film de Sammo Hung… certaines scènes sont sur-éclairées, en particulier
les scènes d'extérieur, et ne flattent pas forcément les visages
des acteurs. Le film dans son ensemble ne fait pas montre de la
beauté visuelle harmonieuse des trois premiers Il était une
fois en Chine, et n'atteint pas même les quatrième et cinquième
épisodes.
Il a été rapporté que l'idée de Wong perdant la mémoire avait été
volée par Sammo Hung à son ami Jackie Chan qui la mûrissait depuis
un certain temps et l'a d'ailleurs finalement exploitée dans son
film Who Am I?… Ce n'est pas la plus mauvaise trouvaille
de Dr Wong en Amérique, si l'on accepte de voir notre
héros se comporter comme un idiot pendant un court moment… mais
l'on ne peut que regretter le manque d'équilibre de l'ensemble du
film, distribuant les bons moments dans sa première partie, et nous
laissant seulement à apprécier les moins excitants dans la seconde.
Etroitement reliée à l'apparition indésirable de ce Méchant stupide,
cette faiblesse est certainement la déception majeure de ce film
agréable.
Par
CAROLINE
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