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Dr Wong en Amérique est la suite directe de Dr Wong et les Pirates où Zhao Wen Zhuo luttait contre des pirates avec des armes à feu, volant d'un endroit à l'autre tandis que les disciples enchaînaient les gags. Malgré l'énorme budget et le travail méticuleux de l'immense Sammo sur le tournage, Dr Wong en Amérique n'est qu'un film divertissant de plus sans réel objectif si ce n'est celui de nous faire passer un bon moment. .. et c'est ce que nous faisons : nous passons un " bon moment ".… A l'inverse des précédents épisodes de la saga, le générique de début ne présente aucune démonstration d'arts martiaux ni danse de lion, et demeure extrêmement classique : le casting apparaît sur le paysage tandis que se déroule le thème américanisé de Wong Fei Hung. Cela confère au film une certaine originalité par rapport aux précédents, mais le fait tomber en même temps dans une sorte de trivialité en le laissant ressembler à n'importe quel autre film et en brisant la tradition des génériques de la série des Il était une fois en Chine… Dr Wong en Amérique appartient davantage au genre Western et pourrait facilement être qualifié de "Western chinois" , avec les Cowboys et les Indiens contre le grand héros chinois Wong Fei-Hung. Les influences western qui imprégnaient subtilement les premiers épisodes de la saga et qui étaient devenues beaucoup plus explicites avec Dr Wong et les Pirates, se révèlent clairement dans ce dernier opus comme un hommage de la part de Tsui Hark et Sammo Hung au genre qui les a tant inspirés. Le
scénario de Dr Wong en Amérique est plutôt simple : alors
qu'il s'apprête à rendre visite au nouveau Po Chi Lam américain accompagné
de sa 13ème tante (Rosamund Kwan) et de Pied-Bot (Xiong Xin Xin), le
docteur Wong Fei-Hung sauve la vie d'un Américain persécuté par les
Indiens de la région. Wong et ses amis sont eux-mêmes attaqués plus
tard par ces mêmes Indiens tandis qu'ils se reposent tranquillement
dans un camp, et tombent finalement dans la rivière au cours du combat.
A moitié noyés du fait du terrible courant qui les submerge, nos trois
amis dérivent et Wong se cogne violemment la tête contre une
pierre et perd connaissance… il est par la suite repêché par les Indiens
en question mais il a totalement perdu la mémoire. C'est alors que commence
vraiment la comédie, avec un Wong Fei Hung hagard qui communique par
signes et autres expressions faciales (il sait toujours parler chinois)
avec des Indiens qui eux parlent l'américain avec l'accent urbain, même
entre eux… ! Wong Fei Hung sera finalement accepté dans la tribu dès
l'instant où il démontre les étonnantes qualités d'artiste martial qui
lui reviennent par réflexe, de même que ses talents de médecin accompli…
Il est amusant de noter qu'ils ont veillé au problème de langage entre
Wong et les Indiens sans se préoccuper de la difficulté de communiquer
qui pourrait survenir entre les différentes tribus et entre les Indiens
et les Américains… tout le monde parle parfaitement l'anglais ! |
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Un autre aspect déconcertant de Dr Wong en Amérique est le traitement infligé à Wong Fei-Hung lui-même, puisque l'on n'hésite pas à nous le présenter comme une victime complète qui en vient presque à perdre toute dignité sur l'autel de la comédie : le moment où il reprend consience et sort de la tente les cheveux hirsutes et l'air d'un idiot somnolent est assez choquant en comparaison avec l'immuable prestance dont il avait fait preuve tout au long des trois premiers épisodes… le personnage de Zhao Wen-Zhuo était toujours resté intact (excepté dans la série TV Wong Fei Hung!), malgré le fait que ses disciples se moquaient de lui. Le film de Sammo Hung continue dans la voie initiée par les épisodes 4 et 5 mais enfonce le clou par la démystification forcenée de l'image glorieuse de notre héros. Son Wong Fei-Hung est ostensiblement ridicule à plusieurs reprises. |
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Cependant,
dès l'instant où Wong Fei-Hung est rendu aux siens et à sa 13ème tante
, le film devient tristement beaucoup moins intéressant, et ce manque
de dynamisme et de vrai divertissement affecte les scènes de combat
de même que les relations entre les personnages. La relation entre Wong
Fei-Hung et la 13ème tante demeure relativement épargnée par cette tendance
générale : leur interaction est toujours délicieuse et pertinente, grâce
à l'excellente alchimie qui lie Jet Li et Rosamund Kwan. C'est même
un plaisir d'assister à leurs constants quiprocos, le 13ème tante jouant
cette fois le rôle de la jalouse et Wong celui de l'accusé, à l'inverse
de la situation entamée dans La Secte du Lotus Blanc
et par-dessus tout explorée dans Le Tournoi du Lion,
qui dépeignait Wong Fei-Hung comme un amant puérilement jaloux persécutant
la 13ème tante à chacun de ses regards portés sur un autre homme. Pour
le reste, on peut seulement rire de Wong moqué de ses disciples à cause
de ses discours répétitifs et ennuyeux, mais cela sous-entend qu'il
aurait définitivement perdu de son panache… Le respect que les gens
lui témoignent n'est-il donc qu'une façade ?… les valeurs qu'il défend
avec tellement de conviction sont-elle si risibles ?… Si l'on regarde de près les combats qui le mettent en scène, on ne peut s'empêcher de ressentir une certaine frustration après la splendide confrontation entre Jet Li et Xiong Xin Xin quelques scènes plustôt. Comment cet affreux personnage pourrait-il ne serait-ce qu'oser rivaliser avec Xiong Xin Xin dans un combat contre Jet Li ?… Bien qu'il soit supposé nous paraître impressionnant, ce dernier combat est naturellement décevant : Sammo Hung n'a pas d'autre choix que d'user et d'abuser des ralentis dans le but inavoué d'en dissimuler la médiocrité. Jet Li lui-même ne doit avoir que quelques secondes à vitesse réelle dans tout l'affrontement, tandis que la caméra se concentre sur la beauté de ses mouvements en espérant distraire notre esprit. Davantage qu'un combat, il s'agit là d'une exécution. L'adversaire de notre héros manque trop des compétences martiales élémentaires, sans parler de compétences d'acteur… Le
tournage de Dr Wong en Amérique a été très difficile et
a souffert d'un manque de temps et de budget sur la fin : cela peut
facilement expliquer les évidentes faiblesses des dernières scènes.
Le jeu des acteurs est bon, particulièrement celui de Jet Li et Rosamund
Kwan, sans oublier le très impressionnant Xiong Xin Xin qui nous gratifie
généreusement de quelques unes des meilleures scènes de combat du film.
Mais une profonde insuffisance demeure en ce qui concerne l'aspect visuel,
ce qui est assez étonnant dans un film de Sammo Hung… certaines scènes
sont sur-éclairées, en particulier les scènes d'extérieur, et ne flattent
pas forcément les visages des acteurs. Le film dans son ensemble ne
fait pas montre de la beauté visuelle harmonieuse des trois premiers
Il était une fois en Chine, et n'atteint pas même les
quatrième et cinquième épisodes. Par CAROLINE |