![]() |
|
BODYGUARD FROM BEIJING- page 1/2
|
![]() |
|
|
Cependant à partir de ce tournant, les deux films s'engagent dans des directions opposées. Et c'est à ce moment-là que ça devient drôle. La comparaison entre les deux films est à peu près inévitavble quand on se souvient du succès de The Bodyguard en 1992, et durant combien de temps les chansons de Whitney Houston ont bercé nos ondes radio… On ne peut s'empêcher de rire en constatant de quelle façon ce film luxueux a été réadapté avec de pauvres moyens à Hong Kong deux ans après. Malgré cela, une fois de plus la limitation des moyens qui aurait pu handicaper cruellement The Bodyguard from Beijing en demeure au contraire la force principale, un stimulant qui nous vaut un impressionnant déploiement d'imagination en guise de compensation. Dès
les toutes premières minutes de The Bodyguard from Beijing,
on sait de quoi il est question, tout est mis en place avant qu'on ait
eu le temps de s'en rendre compte : comme dans l'original, le film commence
par le bodyguard à l'entrainement, démontrant sa bravoure et son efficacité.
Il est le meilleur, aucun doute là-dessus. Puis, quelques minutes plus
tard à peine, nous sommes gratifiés d'un flash-back hilarant résumant
le crime et la disparition des autres témoins dans d'étranges circonstances
telles qu'un ascenseur fou, une cabine de téléphone piégée, ou bien
encore le chat électrocuté dans le bain de Michelle !… sans oublier
le regard tourmenté de Jet Li lorsqu'il découvre à quel point sa future
cliente est jolie… Ce début hystérique nous renvoie à la tradition qui
semble de mise dans les films de Hong Kong : il n'y a pas de temps à
perdre. C'est certainement l'un des aspects les plus emballants de ce
genre de films… et The Bodyguard from Beijing en est une
illustration brillante. Il
est de même amusant de remarquer quelques petites différences entre
les deux films, telles que le fait que dans l'original, Kevin Costner
emploie tout une équipe pour installer l'équipement de surveillance
-alarmes, caméras…- autour de la maison, alors que Jet Li s'en occupe
tout seul ! le fossé entre les budgets respectifs est aussi significatif
quand on compare les deux maisons. Les décors de The Bodyguard
sont luxueux, chaque centime utilisé est visible à l'écran, tandis que
dans The Bodyguard from Beijing le réalisateur
essaie de nous convaincre que Michelle vit dans un palace quand il s'agit
seulement d'une banale propriété filmée en angle déformant pour tromper
le spectateur ! Mais la scène d'action la plus remarquable reste le combat qui oppose Jet Li et Ngai Sing vers la fin du film. Imagination et délire atteignent ici des sommets insoupçonnés pour notre plus délicieux plaisir. Hui a l'idée originale de laisser échapper le gaz dans toute la maison pour d'empêcher les tueurs qui l'ont envahie quelques minutes plus tôt de se servir de leurs armes. C'est ainsi que débute le duel qui oppose le "meilleur bodyguard" au "meilleur soldat". Ngai Sing emploie ses talents extraordinaires pour attaquer notre héros en une chorégraphie aérienne et stylisée qui porte la signature immanquable du duo Yuen Kwai / Yuen Tak. La manière dont il se sert de ses jambes et joue de son long manteau noir, celle dont Jet riposte puis passe à l'attaque en usant de plusieurs techniques différentes incluant du Tai Chi… cet affrontement est l'un des plus inventifs et des plus comiques parmi les films de Jet Li. Le climax restera ce moment surréaliste où les deux adversaires luttent autour d'un robinet pour une simple goutte d'eau ! Le plus incroyable est que l'on ne se formalise pas le moins du monde de retomber dans le drame cinq minutes plus tard…
|