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BLACK MASK page 1/2 |
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Le Black Mask de 1996 est l'aboutissement d'une combinaison de talents : Daniel Lee vient de la télévision Hong-Kongaise mais a été contacté par le réalisateur / producteur après la diffusion de sa série TV d'arts martiaux sur la Chaîne TVB Tsui lui a demandé plus tard de diriger un épisode de la série TV Wong Fei-Hung qu'il produisait à l'époque, The Eight Assassins. Satisfait du résultat curieux mais intéressant, la perle inattendue au milieu d'épisodes tous plus stupides et ennuyeux qui constituent cette série oubliable) et incapable de réaliser Black Mask lui-même du fait de son planning hyper-chargé, il engage Lee pour le remplacer à la tête de ce projet ambitieux. - l'un des films les plus chers de l'histoire du cinéma de Hong Kong, l'adaptation de la bande-dessinée Hong Kongaise Ah Hap. Le
casting prestigieux de Black Mask se compose de Jet Li
dans le rôle titre (collaborant avec Tsui une fois de plus, trois
ans après Il était une fois en Chine 3 : Le Tournoi
du Lion), Lau Ching-Wan (Lifeline, Beyond Hypothermia),
Karen Mok (Fallen Angels), Françoise Yip (Rumble
in the Bronx avec Jackie Chan) et même Anthony Wong en
guest-star, sans oublier l'apparition surprise de Xiong Xin Xin (Pied-Bot
dans Il était une fois en Chine 3 à
6) !
Quelle est donc la part de Lee dans Black
Mask?
Black Mask iest un film d'action, mais
Daniel Lee le voulait plus intimiste, il le voulait plus sombre aussi
et plus "radical", comme son uvre précédente.
Après avoir vu ses autres films de nombreuses fois, on peut pourtant
entrevoir clairement sa géniale influence dans le succès
de Black Mask. la paternité controversée
de ce film nous oblige à prendre parti pour déterminer
un auteur entre les différents acteurs de la production. La
seule scène d'ouverture, plagiée à l'infini dans
les films d'action américains récents ainsi qu'en témoigne
la première scène de Blade, est une réussite
totale qui nous plonge sans ménagement dans l'atmosphère
inquiétante de ce film étrange. Jet Li vole au travers
d'un vaste entrepôt rempli d'une armée de sales types,
porté tout le long de sa mission de mort par une musique cool
à la mode sixities
le décor est déjà
planté : une atmosphère high-tech, des couleurs sombres
et glauques, un rythme frénétique et un héros solitaire.. Black Mask nous offre un certain nombre de scènes d'action remarquables, bien que l'on ne puisse le qualifier de film "d'arts martiaux". Son genre d'action stylisé se concentre davantage sur le mouvement comme un tout que sur les techniques individuelles. L'excellente scène d'action qui implique The Rock contre les gangsters dans un gigantesque entrepôt, et qui se clôt sur la première intervention publique de Black Mask, est absolument étonnante. Des courses poursuites en voiture complètement délirantes qui se finissent en explosions apocalyptiques, des victimes par dizaines qui périssent dans d'atroces conditions cette séquence pourrait être comparée à la fameuse scène de hangar de Hard-Boiled de John Woo, dans un genre plus hystérique et moins graphique Le cauchemar de Lau Ching-Wan se déroule en alternance avec des scènes à connotation sado-masochistes entre le personnage pervers joué par Anthony Wong et l'ancienne élève de Tsui Chik, Yeuk Lan (Françoise Yip), habillée de légers vêtements cuir noir agrémentés d'accessoires (studded?) jusqu'à l'apparition de Black Mask, descendant du ciel à l'aide d'un parachute et déterminé à sauver son ami en liquidant la racaille. Les talents physiques de Jet Li ne nous donnent pas l'occasion d'admirer de purs arts martiaux malgré la présence de Yuen Woo-Ping à la chorégraphie, mais sont plutôt un moyen de mettre en valeur le style gracieux et insaisissable du personnage de Black Mask. Un exemple significatif de ce style unique pourrait être illustré par ce simple instant où Tsui Chik échappe à l'attaque de Yeuk Lan dans un hangar : il saute sur un camion en route puis court sur son toit le temps d'un ralenti étudié le mouvement contraire opposant le camion qui avance vers nous et sa silhouette gracieuse et légère qui s'éloigne crée une impression étonamment poétique, comme si le temps avait suspendu son cours l'espace d'une seconde L'autre scène d'action majeure du film se déroule dans un hôpital, quand Black Mask tente de délivrer Yeuk Lan du piège tendu par les policiers. Une fois encore, une sensation de panique se dégage du décor fermé. Les éclairages stroboscopiques nous laissent distinguer par flashs une sorte d'horrible monstre humain qui ne craint pas les balles la caméra de Daniel Lee est bancale et restitue parfaitement l'atmosphère de cauchemar de ce piège mortel. Les combats de What price survival étaient filmés avec des effets d'"accélérés-ralentis" qui insistaient sur l'instabilité de l'ensemble, promenant notre regard depuis l'un des adversaires jusqu'à un point du décor (le ciel, les feuilles des arbres) à l'aide de mouvements de caméra tourbillonnants. On retrouve la même volonté dans cette scène de Black Mask, tandis que la caméra essaie volontairement de nous faire perdre notre sens élémentaire de l'orientation, ce qui suppose que l'on n'est bientôt plus capable de distinguer le haut du bas Daniel Lee est un peintre, un artiste qui prête une grande attention à l'aspect visuel de ses oeuvres. Ce qui frappe dans Black Mask c'est l'homogénéité et l'harmonie du style visuel, qui ne rappelle jamais le style de Tsui Hark, mais davantage le style torturé du précédent travail de Lee, comme What price Survival ou The Eight Assassins. Les caractéristiques de son style résident dans le choix d'un ton global de couleurs décliné en de nombreuses et imperceptibles nuances, généralement des tons froids, qui affectent les décors mais aussi l'apparence des acteurs. L'intrusion de scènes aux couleurs chaudes apparaît soudainement dans ce monde sombre et instable. Daniel Lee est un peintre, un artiste qui prête une grande attention à l'aspect visuel de ses oeuvres. Ce qui frappe dans Black Mask c'est l'homogénéité et l'harmonie du style visuel, qui ne rappelle jamais le style de Tsui Hark, mais davantage le style torturé du précédent travail de Lee, comme What price Survival ou The Eight Assassins. Les caractéristiques de son style résident dans le choix d'un ton global de couleurs décliné en de nombreuses et imperceptibles nuances, généralement des tons froids, qui affectent les décors mais aussi l'apparence des acteurs. L'intrusion de scènes aux couleurs chaudes apparaît soudainement dans ce monde sombre et instable. La scène d'ouverture de Black Mask
s'appuie davantage sur des tons chauds, avec ses lumières rouges
et crues décrivant les coups de feu qui surgissent de l'obscurité.
Mais les couleurs principales de Black Mask tournent autour
du vert sale pour se fondre dans le gris et le noir. La plupart des
scènes se déroulent la nuit. Pourtant les scènes
de jour elles-mêmes ne nous laissent pas vraiment entrevoir la
lumière
. Le lourd ciel gris semble emprisonner les personnages,
comme si Daniel Lee voulait à tout prix nous faire souffrir de
claustrophobie de la même façon que ses personnages, où
qu'ils se trouvent. Une sorte de menace sourde paraît peser sur
chaque scène de Black Mask
* cf. Interview de Daniel Lee dans le HK Magazine n°4, 1997 |