Retour Articles INTERVIEW NOVEMBRE 2000

 

Deux semaines avant d'entamer son tournage à Paris pour Luc Besson, Jet Li était à Londres le 9 septembre dernier pour assurer la promotion de Romeo Must Die. Il est devenu une star internationale par le succès de ses films en vidéo. Pour la première foi, il effectue une tournée promotionnelle, un travail nouveau pour lui. Il s'est montré ouvert, simple et disponible, sans recourir à la langue de bois courante chez de nombreux acteurs occidentaux en pareille circonstance. Souriant et charmeur, Jet Li est un authentique Kung Fu Hero.

Karaté-Bushido : Est-ce vraiment différent de faire un film à Hong Kong et un film aux Etats-Unis?

Jet Li : C'est très différent. A Hong Kong, c'est comme une petite famille, deux frères qui décident de faire un film ensemble avec une histoire qu'ils aiment. Nous travaillons très vite, et nous avons notre film toris mois plus tard. Aux Etats-Unis, c'est une famille beaucoup plus grande... ils veulent tous faire quelque chose, et nous devons attendre que tout le monde soit d'accord.

K.B. : Bruce Lee n'a pas eu le temps de faire un film en vedette aux Etats-Unis. Cela a pris quinze ans à Jackie Chan pour parvenir à cela. Et vous, vous devenez une star en seulement deux films. Que répondez-vous à cela?

Jet Li : Ca fait déjà vingt ans que je fais du cinéma. Je pense que c'est le bon moment. Tout le monde sait qu'à Hollywood, tout dépend d'un bon timing. Lorsque vous frappez à la porte, si vous ne le faites pas au bon moment, personne ne vous ouvrira. Et quand arrive le bon moment, les portes s'ouvrent : "Entrez donc, nous avons besoin de vous". Lorsque vous voulez une chose et que l'on vous réclame, alors vous commencez à travailler. Le plus important, c'est le public. Au cours des dix années écoulées, le public a changé. Les gens ont découverts les films de Hong Kong à travers les cassettes vidéo. Et ceci a construit un réel public pour les films d'action de Hong Kong. C'est pour cette raison que c'est plus simple maintenant à Hollywood. Bruce Lee était un pionnier. Pour nous, les choses sont plus faciles.

K.B. : Est-ce que vous préférez vous battre les deux pieds au sol comme dans Fist of Legend ou L'Arme Fatale 4, ou préférez-vous travailler avec des câbles comme dans Il était une fois en Chine ou Romeo Must Die?

Jet Li : Je crois que cela dépend du scénario. Si c'est une histoire vraie vous devez avoir des actions réalistes. Quand vous faites Green Hornet ou Matrix, ce genre de fiction, vous pouvez en faire des tonnes car vous n'êtes pas dans la réalité.

K.B. : Qu'est-ce qe vous préférez le plus aujourd'hui, jouer la comédie ou les arts martiaux?

Jet Li : Sans les arts martiaux, pas de Jet Li! Si le public aime regarder mes films, c'est parce que j'ai eu la chance d'apprendre les arts martiaux lorsque j'étais jeune. Je suis d'abord un pratiquant d'arts martiaux. Ensuite je suis devenu un acteur. Je pense que je dois jouer différentes sortes de charactères. Il y a peu de chances que les studios disent que Jet Li fera une histoire d'amour sans action.

K.B. : Avez-vous l'intention de revenir à Hong Kong?

Jet Li : Maintenant je vais travailler à Paris avec Luc Besson comme producteur pour un film appelé Kiss of the Dragon. Et j'ai un autre projet avec Warner Brothers et Joel Silver, First King. C'est une histoire que j'ai créée, et nous allons la tourner à Hong Kong. La Warner aime le projet.

K.B. : Quelle est la différence entre la façon de chorégraphier de Corey Yuen et celle de Yuen Woo-Ping?

Jet Li : Ils sont tous les deux au top de la chorégraphie des arts martiaux. Avec Woo-Ping, j'ai fait Fist of Legend, Il était une fois en Chine, Tai Chi Master. Lorsque vous voyez ces films, vous comprenez que Yuen Woo-Ping aime les styles d'arts martiaux traditionnels. Corey est différent. Avec Corey, j'ai fait My Father is a Hero, Fong Sai Yuk, L'Arme Fatale 4, Romeo Must Die. Corey travaille sur une façon plus fantastique de combattre, ainsi qu'il l'a fait pour X Men.

K.B. : Qui est le plus fort? Jet Li ou Jackie Chan?

Jet Li : Je ne sais pas, nous ne nous sommes jamais battu! (rires) Tout ce que je peux vous dire c'est que dans un combat, les arts martiaux ne sont qu'une partie du problème, ils ne sont jamais la solution.

 

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